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Éclipse solaire 1971

Éclipse solaire 1971

Paterson Ewen, Solar Eclipse (Éclipse solaire), 1971
Acrylique sur contreplaqué toupillé, 121,9 x 243,8 cm
Vancouver Art Gallery

Éclipse solaire est la première œuvre en contreplaqué toupillé de Paterson Ewen. Ce dernier a soi-disant pris une feuille de contreplaqué de 4 pieds sur 8 pieds et a commencé à y graver des cercles à l’aide d’outils à main dans le but de réaliser une grande gravure sur bois. Cependant, alors qu’il encre le bois, il se rend compte qu’il n’a plus rien à faire. C'est ainsi qu’un nouveau médium hybride est créé, qui combine la sculpture en relief, la peinture et l’estampe, avec lequel Ewen est désormais identifié de façon particulière. À peu près à la même époque, Ewen réalise une œuvre complémentaire, Eruptive Prominence (Protubérance éruptive), 1971. Ewen n’adopte cependant pas immédiatement cette nouvelle technique de bois toupillé, probablement parce qu’elle demande beaucoup de temps.

 

La nuit étoilée, 1889, par Vincent van Gogh
Vincent van Gogh, La nuit étoilée, 1889, huile sur toile, 73,7 x 92,1 cm, Museum of Modern Art, New York.
Galaxy NGC-253 (Galaxie NGC-253), 1973, par Paterson Ewen
Paterson Ewen, Galaxy NGC-253 (Galaxie NGC-253), 1973, acrylique, tôle galvanisée et ficelle sur contreplaqué, 228,5 x 243,7 cm, Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.

Éclipse solaire est l’une des premières œuvres célestes explicites réalisées par Ewen. L’œuvre réveille chez l’artiste un intérêt pour le ciel nocturne qui remonte à Blackout, 1960. Vincent van Gogh (1853-1890), l’un de ses artistes préférés, a probablement inspiré à Ewen l’utilisation de sujets astronomiques. Van Gogh a peint de nombreux ciels nocturnes dont celui de la célèbre composition La nuit étoilée, 1889, qui montre non seulement un croissant de lune mais également Vénus, la constellation Bélier (le signe astrologique de Van Gogh), et peut-être aussi une nébuleuse en spirale. L’éclipse solaire d’Ewen est l’un des nombreux objets célestes peu communs qu’il a choisi de représenter. La constellation de Pégase (bien que seules les quatre étoiles qui forment le quadrilatère de la constellation soient représentées), la comète Morehouse, le cannibalisme galactique et les éruptions solaires sont d’autres exemples.

 

Lorsqu’il choisit des phénomènes plus familiers, comme le soleil et la lune ou même les aurores boréales, Ewen les traite sous un angle moins connu. Par exemple, Northern Lights (Aurore boréale), 1973, est montrée depuis l’espace, même si Ewen raconte avoir créé cette œuvre après avoir vu de ses propres yeux des lueurs boréales lors d’un voyage en raquette dans le parc Algonquin, en Ontario. Il est difficile d’imaginer comment il aurait pu les voir depuis l’espace. Ewen a également tendance, dans ses œuvres célestes, à dépouiller l’espace environnant l’objet principal, ce qui limite la possibilité d’imaginer au-delà, et force le spectateur à garder son regard fixé sur l’objet représenté, ou il utilise une grille comme dans Galaxy NGC-253 (Galaxie NGC-253), 1973. Ces deux procédés obligent le spectateur à se concentrer sur la surface du tableau, sur sa matérialité.

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