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Blackout 1960

Blackout 1960

Paterson Ewen, Blackout, 1960
Huile sur toile, 127,3 x 152 cm
Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

Blackout est l’une des rares œuvres de l’artiste à être directement liées à des événements historiques. Cette peinture est tirée de la série du même nom Blackout, qui, avec sa série complémentaire, Alerts (Alertes), fait référence par son titre aux procédures de raid aérien qui ont été pratiquées à la fin des années 1950 et 1960, au plus fort de la guerre froide, comme l’a noté Ewen lui-même dans sa conférence de 1976 au Nova Scotia College of Art and Design.  Il s’agit d'une peinture à l’huile monochromatique noire texturée dans laquelle des carrés irréguliers esquissés à la peinture noire sont parsemés d’infimes touches de couleurs. Blackout est l’une des premières toiles de Paterson Ewen à représenter le ciel nocturne, un motif qui réapparaîtra fréquemment tout au long de sa carrière.

 

L’étoile noire, 1957, par Paul-Émile Borduas
Paul-Émile Borduas, L’étoile noire, 1957, huile sur toile, 162,5 x 129,5 cm, Musée des beaux-arts de Montréal.

Ce tableau a pris forme par hasard, ou inconsciemment, comme Ewen le décrit : « J’étais très intéressé par les étoiles à l’époque… Tous les soirs, Vincent [son fils] et moi observions le ciel avec des jumelles. Puis, pendant la journée, je peignais ce que j’estimais être une peinture abstraite. Mais la peinture [Blackout] est clairement le ciel nocturne. Une sorte de rectangle et de géométrie compris différemment selon les cultures. Je l’ai tout simplement formalisé à l’aide de ces rectangles. »

 

Blackout trouve son inspiration dans des œuvres expressionnistes abstraites telles qu’Abstract Painting (Peinture abstraite), 1955, d’Ad Reinhardt (1913-1967) et Laureline, 1956, de Franz Kline (1910-1962). Toutefois, Blackout se rapproche plus encore des tableaux en noir et blanc de Paul-Émile Borduas (1905-1960), tels que L’étoile noire, 1957, qui fait également référence au ciel nocturne. Mais plutôt que d'utiliser la technique du couteau à palette, chère à Borduas et aux Automatistes, Ewen explique : « J’ai acheté une de ces scies à manche pistolet chez Kresge ou Woolworth qui avait cinq lames s’attachant à une vis papillon. J’ai jeté le manche et j’ai utilisé les lames pour appliquer la peinture. »  Il s’agit là de la première expérience d’Ewen avec du matériel non-artistique, une pratique qui allait devenir courante après son déménagement à London, en Ontario. Blackout résulte d’une toile très texturée dans laquelle la distinction entre l’avant-plan et l’arrière-plan est pratiquement inexistante, l’œil étant plutôt attiré vers la texture de la surface de la peinture, parsemée de taches de couleur.

 

 

 

 

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