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Voyage éthéré 1957

Voyage éthéré 1957

Jock Macdonald, Airy Journey (Voyage éthéré), 1957 

Huile et Lucite 44 sur masonite, 112,5 x 127,5 cm

Collection de la Hart House, Université de Toronto

Art Canada Institute, Jock Macdonald, White Bark, 1954
Jock Macdonald, White Bark (Écorce blanche), 1954, huile sur masonite, 102,2 x 81,3 cm, Glenbow Museum, Calgary.

Airy Journey (Voyage éthéré) montre la liberté et la souplesse que découvre Macdonald en combinant les peintures plastiques et l’huile. « Lorsque je mélange la Lucite et l’huile, cela me permet de peindre avec fluidité et rapidité, mais pas n’importe comment », se réjouit-il. Ce tableau, dominé par un motif central noir imposant, est magnifiquement résolu. Un bloc de couleur rouge et jaune apparaît dans un espace étroit entre le fond blanc délicatement découpé et de dynamiques traits noirs appliqués de façon gestuelle. Une lumière émane des zones blanches. L’étudiant de Macdonald, William Ronald (1926-1998), a fait remarquer qu’il avait appris de celui-ci à bien utiliser le blanc afin de renforcer les jeux de lumière et de transparence et d’ainsi créer l’effet de dimensions supplémentaires.

 

Même les allusions indirectes au paysage contenues dans Desert Rim (Horizon désertique), 1957, ont disparu dans cette œuvre qui rappelle immédiatement le travail des artistes expressionnistes abstraits, et plus particulièrement Franz Kline (1910-1962). Pourtant, Voyage éthéré est également l’aboutissement logique de l’exploration de Macdonald avec la Lucite et de sa recherche d’une expression moderne qui traduise en peinture l’expérience de la modernité selon Einstein. Cette œuvre et d’autres semblables représentent, en plus grand format et avec un médium plus puissant, sa recherche de liberté et du traitement expressif de la matière, déjà atteinte dans ses aquarelles automatiques comme Russian Fantasy (Fantaisie russe), 1946.

 

Macdonald a finalement trouvé une façon d’intégrer l’espace ambigu et les formes changeantes qu’il cherchait à représenter. Dans Voyage éthéré, il y parvient sans sacrifier son souci de l’unité du plan et sans avoir recours à la grille cubiste – comme il le fait dans des tentatives antérieures à l’huile telle que White Bark (Bouleau blanc), 1954 – s’affranchissant ainsi du petit format de l’aquarelle. Dans l’exposition individuelle de Macdonald à la Hart House, à l’automne 1957, vingt des vingt-neuf œuvres présentées sont peintes à la Lucite.

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