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Élysée 2008

Élysée

Tim Whiten, Elysium (Élysée), 2008

Installation en techniques mixtes avec crânes humains, yeux de verre, gomme à mâcher, talc, colle blanche, graphite, branches de lilas, éléments de parapluie et de canne, tapis usagé, cadre métallique, roulettes en caoutchouc, bois, miroir en plastique, pots en émail gravés, 304,8 x 259,1 x 259,1 cm
Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto

Élysée combine des éléments de trois œuvres antérieures de Whiten : les pièces de la série Descendants of Parsifal (Descendants de Parsifal), 1986, composées de huit crânes humains enveloppés; l’œuvre Magisterium Pardesh (Magistère Pardesh), 1993, qui comprend sept bâtons de marche et trois boîtes magiques couvertes; et Temno IV, 1995, construite à partir de tapis empilés jusqu’à la hauteur appropriée pour prier. Commandée par le Musée des beaux-arts de l’Ontario (MBAO) pour l’exposition Transformation AGO de 2008, Élysée vise à créer une convergence entre les œuvres contemporaines, européennes, modernes, africaines et d’autres cultures diverses exposées au musée. « [I]l s’agit d’une combinaison d’éléments qui créent une relation d’énergie entre le passé et le présent, entre les interprétations historiques et modernes, entre les notions mythiques et contemporaines de la vie », précise l’artiste1. C’est la seule commande jamais acceptée par Whiten.

 

La série Descendants de Parsifal porte le nom de Parsifal (ou Perceval), qui est un chevalier de la Table ronde de la légende arthurienne doublé d’un innocent chercheur de vérité en quête du Saint Graal. Le Graal lui-même, conçu comme une coupe, un plat ou une pierre ayant le pouvoir de conférer la jeunesse et la subsistance éternelles, est sous la garde du Roi pêcheur blessé. Parsifal guérit le Roi pêcheur en posant la question suivante : « À qui sert le Graal? » Symbole de la grâce et de l’union mystique avec Dieu, le Graal est également considéré comme la coupe utilisée par le Christ lors de la Cène.

 

Dans Élysée, sept crânes humains provenant de cette première série sont recouverts de mélanges de talc, de colle, de gomme à mâcher, de verre et de graphite. Whiten a appliqué des couches de ces matériaux sur les crânes, comme de la peau, et a ajouté des yeux de verre2. Symbolisant notre lien ancestral avec le héros arthurien Parsifal, les crânes sont accrochés au mur à la hauteur des yeux, entre six grands bâtons en bois blanchis à la main et adossés au mur.

 

Le corps de chaque bâton a été sculpté dans un jeune lilas provenant d’un bosquet situé à proximité de l’atelier de l’artiste. Les fleurs printanières symbolisent le renouveau, tandis que le duramen conserve la teinte de sa fleur. Passant de l’arbre au dispositif d’aide à la mobilité, chaque bâton est couronné d’une poignée façonnée à partir d’un parapluie ou d’une canne. Pour l’artiste, « les arbres sont les sentinelles qui gardent les portails d’un autre monde; ils protègent notre planète et fournissent les ressources de base nécessaires à la subsistance et au développement futur […] les arbres sont les signes immuables de notre lien à quelque chose qui nous dépasse; des gardiens, des protecteurs, des ressources pour tous nos besoins3 ».

 

L’autel placé devant le mur est constitué de tapis empilés, prolongés de part et d’autre par une table en bois. Un miroir incurvé vertical est posé sur chaque table. Une marmite en émail est encastrée dans chaque table et sert de réceptacle aux offrandes. Le fond de l’un des pots est gravé à l’intérieur d’un seul mot, « vapour [vapeur] »; soulever le couvercle du second pot permet de faire apparaître le mot « desire [désir] ».

 

Dans la mythologie grecque, Homère décrit l’Élysée comme un paradis pour les héros auxquels les dieux ont conféré l’immortalité. À ce titre, l’œuvre Élysée est considérée comme le lieu béni de la vie après la mort. Elle représente le voyage spirituel entrepris dans la quête de la vérité, qui commence en voyant chaque instant de la vie à l’horizon de la mort.

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