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L’approche de l’orage dans les Adirondacks 1879

L’approche de l’orage dans les Adirondacks 1879

Homer Watson, A Coming Storm in the Adirondacks (L’approche de l’orage dans les Adirondacks), 1879 
Huile sur toile, 85,7 x 118,3 cm
Musée des beaux-arts de Montréal

L’approche de l’orage dans les Adirondacks est l’une des premières prises de position de Watson quant à son engagement de toute une vie à dépeindre le pouvoir et le drame de la nature. Le tableau contient une multitude de détails — falaises abruptes, nuages en colère, arbres abattus et des douzaines de rochers — que Watson contrôle en les soumettant à une atmosphère omniprésente et sombre. Comme dans les autres huiles de Watson de la fin des années 1870 et du début des années 1880, son talent de dessinateur marque tous les objets — un trait qui est de plus en plus remplacé par des coups de pinceau plus riches au fur et à mesure que les années 1880 progressent.

 

Watson rentre chez lui à Doon en 1877 après un long périple dans l’État de New York, où il a peint divers petits paysages qui portent des traces des œuvres des paysagistes de la Hudson River School, tel que Susquehanna Valley (La vallée de la Susquehanna), v.1877. Il se souvient plus tard de ces mois : « J’étais si impatient de rentrer chez moi et d’utiliser toutes ces connaissances que je ne pouvais pas rester... plus longtemps. » Bien qu’impatient de peindre les paysages familiers de Doon, Watson prend également le temps de transférer certains de ses souvenirs américains sur la toile. De ce nombre, L’approche de l’orage dans les Adirondacks est une œuvre remarquablement grande et complète pour le jeune artiste essentiellement autodidacte.

 

Thomas Cole, A Tornado in the Wilderness (Tornado in an American Forest) (Une tornade dans la nature [Une tornade dans une forêt américaine]), 1831
Thomas Cole, Tornado in an American Forest (Une tornade dans une forêt américaine), 1831, huile sur toile, 117,8 x 164,2 cm, National Gallery of Art, Collection Corcoran, Washington, DC.

Le travail des peintres de la Hudson River School se caractérise à la fois par une précision analytique de l’observation et par un romantisme qui peut parfois donner lieu à des effets violents comme dans Tornado in an American Forest (Une tornade dans une forêt américaine), 1831, de Thomas Cole, par exemple. Comme Cole, Watson montre un avant-plan de tempête bordé des deux côtés par des arbres et soutenu par un ciel rempli de nuages sombres et inquiétants : une atmosphère dramatique qui doit aussi probablement beaucoup à l’œuvre du plus éminent peintre paysagiste américain de l’époque, George Inness (1825-1894). Watson est très convaincant dans sa description des effets de la météo dans L’approche de l’orage dans les Adirondacks. Cependant, il est moins assuré dans la peinture d’animaux, ce qui est manifeste dans l’ours un peu malhabile, au premier plan gauche (et un élément qui est parfois souligné par les critiques et les collectionneurs)

 

Dans l’ensemble cependant, la toile figure le plus impressionnant des panoramas américains de Watson. C’est l’un des quatre tableaux qu’il présente à l’exposition annuelle de 1879 de la Ontario Society of Artists (OSA), où un journaliste du Globe de Toronto — l’une des premières revues de presse favorables à l’artiste — fait l’éloge de son apparence saisissante. « Le sujet est bien choisi », conclut le critique, « et le traitement audacieux et puissant. » Quand L’approche de l’orage dans les Adirondacks est vue un an plus tard à l’exposition printanière de la Art Association of Montreal (AAM; aujourd’hui le Musée des beaux-arts de Montréal), les journaux commentent l’écart apparent entre l’absence de formation académique de Watson et la complexité évidente de la toile. La critique de la Montreal Gazette, qui fait l’éloge de l’artiste comme étant un « génie ayant reçu relativement peu d’aide au niveau de la culture », est un exemple typique. Le banquier montréalais et collectionneur d’œuvres d’art George Hague est de toute évidence d’accord, car il achète L’approche de l’orage dans les Adirondacks à l’exposition. Sept ans plus tard, il en fait don à l’AAM.

 

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