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Paysage d’automne #2 1967

Paysage d’automne #2 1967

Gershon Iskowitz, Autumn Landscape #2 (Paysage d’automne #2), 1967

Huile sur toile, 129,5 x 99,1 cm

Art Gallery of York University, Toronto

Les tableaux de Gershon Iskowitz de 1967 sont ses premières compositions avec des formes « ovoïdes » de couleur vive « flottantes » sur un fond neutre et atténué. Ici, des formes rouge vif, effleurées de vert et de jaune sur leurs bords amorphes, flottent sur un fond clair. Bien que la pratique en atelier d’Iskowitz, au cours des vingt dernières années de sa carrière, ne connaisse pas de changements soudains ou dramatiques, en 1967, avant son voyage à Churchill, au Manitoba, un élément audacieux et crucial est apparu avec une série de peintures simplifiées qui comprend Paysage d’automne #2.

 

Gershon Iskowitz, Summer Song (Chanson d’été), 1966, huile sur toile, 165,1 x 127 cm, collection de succession Dr Luigi Rossi, Kelown Art Gallery. 

L’année précédente, Iskowitz peint le prototype de la toile intitulé Summer Song (Chanson d’été), 1966, qui fut probablement acheté immédiatement à la Galerie Moos par l’Imperial Oil pour sa collection. Cette série de vingt tableaux de différentes tailles est apparue dans l’exposition solo d’Iskowitz de novembre-décembre 1967 à la Galerie Moos. Chaque toile s’intitule Landscape (Paysage), précédé de spring « printemps », summer « été », ou autumn « automne ». Le groupe le plus important est « automne », avec huit variations numérotées. L’utilisation que fait Iskowitz du mot « paysage » dans le titre renforce l’interprétation que son œuvre puise son inspiration dans la nature, et il fait référence aux feuilles lorsqu’il parle des œuvres de 1967. Cependant, il donne rarement des détails sur ses inspirations et son processus au-delà de quelques réponses poétiques et idylliques répétées aux intervieweurs. Il s’attend à ce que les œuvres parlent d’elles-mêmes.

 

Les quelques images en couleurs qui subsistent de cette suite de 1967 montrent que deux des paysages d’automne laissent voir des ovoïdes rouges et l’un des violets. Deux des peintures du printemps et de l’été montrent des ovoïdes verts de teinte différente, tandis que Spring Landscape #1 (Paysage de printemps #1) arbore des ovoïdes jaunes avec trois taches rouges et vertes sur leur contour saignant vers l’extérieur. Autumn #2 (Automne #2) pourrait simplement être une référence aux feuilles vertes devenant jaunes, puis rouges à l’automne. Selon toute vraisemblance, Iskowitz a précisé les titres plutôt que de « peindre pour eux ».

 

Un autre casse-tête demeure : Iskowitz dit de ses œuvres de 1967 que « tout tombait. Les feuilles tombaient. » Si cela est vrai, il les représente en chute, et non au sol. Les ovoïdes peuvent aussi représenter des formations nuageuses qui ne sont pas « de couleur de nuages ». Comme l’écrit Theodore Heinrich, « [Iskowitz] a non seulement complètement abandonné la représentation mais il a changé sa position par rapport à elle. La première nouvelle orientation est de regarder vers le haut à partir du niveau du sol au lieu de regarder droit devant. L’autre est d’être à une certaine hauteur et de regarder directement vers le bas. » Et il poursuit : « c’est ce qu’on pourrait appeler une cartographie intime, poétisée par sa sensibilité aux changements de saison et aux heures du jour ou de la nuit, claire ou couverte telle que l’exprime la lumière. »

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