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Le jeune élève 1894

Le jeune élève 1894

Ozias Leduc, Le jeune élève, 1894
Huile sur toile, 36,7 x 46,7 cm
Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa

L’expression curieuse et attentive du garçon se traduit par le mouvement de son corps et de son visage. Écrivant ou dessinant, sa position figure un moment de concentration unique. En posant le modèle de profil, tendu vers l’objet d’étude qu’il souhaite s’approprier, Leduc charge d’une grande intensité l’espace entre son visage et le périodique. Ce vide est traversé par la diagonale du crayon levé, à l’arrêt, prêt à traduire sur le papier l’information recueillie et, ainsi, transformer cette perception en apprentissage.

 

Ozias Leduc, Le liseur, 1894, charbon sur papier, 39,6 x 46,4 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec.

Comme La phrénologie, 1892, et L’enfant au pain, 1892-1899, cette scène de genre porte également sur la manière d’aborder une œuvre artistique, qu’elle soit littéraire ou visuelle. Attention, engagement, désir sont des éléments de la réponse. De plus, comment ne pas voir un autoportrait rétrospectif dans cet adolescent studieux, crayon à la main, penché sur l’article illustré d’une revue. En effet, les premières leçons de dessins de Leduc consistaient à copier des images que lui fournissait son professeur à l’école du village, Nectaire Galipeau.

 

À cette étape de sa production, Leduc accorde une attention toute particulière au dessin et au rendu des matières. Une ligne de contour cerne les formes. L’application de la matière picturale est sensible à la qualité des étoffes, de la peau et des livres. Cependant, le sujet à l’étude nous échappe, car ni le texte ni l’image ne sont déchiffrables. C’est donc une attitude face à l’œuvre et à son observation que Leduc dépeint. D’ailleurs, un verre avec des pinceaux, placés à l’arrière-plan, rappellent que nous sommes dans l’environnement de travail du peintre.

 

C’est son frère Honorius qui pose dans cette attitude que dicte Leduc. L’artiste demandera à sa sœur de servir de modèle pour le pendant de cette œuvre, La liseuse, réalisée la même année. Elle montre la jeune fille, de face cette fois, confortablement installée et absorbée dans la lecture d’un ouvrage aux pages blanches, également illisibles pour nous, comme irradiant la lumière. C’est le calme et le plaisir de la lecture que l’on ressent cette fois dans le visage recueilli et le geste gracieux qui retient le volume, comme pour mieux focaliser son attention.

 

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