Incendie du moulin à papier de Lorette v. 1862

Incendie du moulin à papier de Lorette v. 1862

Zacharie Vincent, Incendie du moulin à papier de Lorette, v. 1862

Huile sur carton

44,4 x 59,4 cm, Musée de la civilisation, Québec

Art Canada Institute, Zacharie Vincent, The Fire in the St.-Jean Quarter, Seen Looking Westward, 1848, by Joseph Légaré.
Joseph Légaré, L’Incendie du quartier Saint-Jean à Québec, vu vers l’ouest, 1848, huile sur toile, 151,1 x 220,3 cm, Musée des beaux-arts de l’Ontario, Toronto. Légaré renforce ici la tension dramatique à l’aide du clair-obscur, un effet que Vincent refuse toutefois d’utiliser dans Incendie du moulin à papier de Lorette

Vincent représente ici l’incendie survenu le 10 juin 1862 à la papeterie Smith, installée sur la rivière Kabir Kouba, qui s’est propagé à l’église Notre-Dame-de-Lorette. Grâce à l’initiative de l’abbé Prosper Vincent (neveu de l’artiste, qui passait ses vacances au village) et des citoyens, la majorité des objets pieux et du mobilier a été sauvée. Cet évènement a été immortalisé par Vincent dans deux huiles et un dessin. L’artiste n’a toutefois pas choisi de retenir le paysage en ruine, mais le moment fort de l’évènement.

 

Au même titre que les scènes de Vincent, trois œuvres de Joseph Légaré (1795-1855) témoignent des évènements tragiques qui ont secoué la communauté : Le choléra à Québec, v. 1832, L’Incendie du quartier Saint-Roch à Québec, vu vers l’Ouest, 1845-1848 et L’incendie du quartier Saint-Roch vu de la Côte-à-Coton vers l’Ouest, 1845. Contrairement à ces œuvres, qui présentent des effets dramatiques à travers la dominance du rouge et des clairs-obscurs et les mouvements de panique de la foule, celle de Vincent est dépourvue d’accentuation pathétique : tout au plus, des ombres portées sont soutenues par la lumière des flammes qui dégagent des étincelles et une épaisse fumée noire soulevée par le vent. Au premier plan, une frise de figures, alignées de dos, observe la scène dans une attitude calme et ordonnée. La même année, en 1862, l’atelier de Théophile Hamel (1817-1870) est aussi détruit par les flammes, qui ravagent l’édifice et des œuvres. Cette série d’évènements laisse entendre que Vincent aurait abordé la création de L’Incendie du moulin à papier de Lorette non pas comme une simple chronique, mais comme la synthèse d’une condition de précarité ou de perte irrémédiable.

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