Groupe de stéréogrammes provenant de la boîte d’érable 1859-1860

Groupe de stéréogrammes provenant de la boîte d’érable 1859-1860

William Notman, Groupe de stéréogrammes provenant de la boîte d’érable, Saguenay et Rivière-du-Loup (Québec), 1859-1860
Sels d’argent sur papier monté sur carton, papier albuminé, 52 x 72 cm
Musée McCord

À l’été de 1860, le prince de Galles se rend au Canada pour la cérémonie inaugurale du pont Victoria. Notman y voit l’occasion parfaite de faire connaître son travail à l’échelle internationale. Il sélectionne de grandes photographies et de plus petits stéréogrammes de vues de villes canadiennes et de merveilles naturelles, ainsi que des images du pont Victoria. Il monte les stéréogrammes, individuellement et en groupe, sur cinquante-quatre grandes cartes dans deux portfolios luxueux reliés en cuir avec des fermoirs en argent. Les portfolios sont chacun placés dans une boîte d’érable très orné. L’une est présentée au prince de Galles comme cadeau à la reine Victoria, dont on dit qu’elle adore la photographie. Cet exemplaire a été perdue, mais Notman a envoyé son propre exemplaire à l’Exposition universelle de Londres de 1862, où il remporte une médaille et suscite une couverture de presse. À son retour, il conserve sa boîte dans son studio de Montréal, qui fera plus tard l’objet d’un don au Musée McCord. La légende familiale veut que la reine ait été si ravie du cadeau qu’elle déclare Notman, « photographe de la reine ». Peu importe la source, Notman adopte le titre qu’il fait blasonner sur la frise du portique qu’il ajoute à son studio.

 

Art Canada Institute, McCord Museum, photograph of stereoscope and slide
Ce stéréoscope et ce stéréogramme montrent comment deux photographies presque identiques sont montées côte à côte sur carton; vues au moyen d’un dispositif appelé stéréoscope, les deux images créent un effet tridimensionnel.

Voici l’une des trente et une planches de neuf stéréogrammes inclus dans la boîte d’érable (il existe quelques petites différences dans le contenu des deux boîtes). Les photographies stéréoscopiques sont l’un des formats les plus appréciés des touristes et de la clientèle locale.

 

À la différence des vues photographiques de formations géographiques spectaculaires, comme les chutes Niagara ou même les Chutes de la Chaudière, la structure de ces images est plus simple qu’une pittoresque peinture de paysage traditionnelle. Le stéréoscope, dont la structure repose sur deux petits carrés, convient à des vues simplifiées où le contraste de ton et de profondeur saute aux yeux, quand on les regarde par le stéréoscope. Ces vues du Québec champêtre s’y prêtent parfaitement.

 

Le but des stéréogrammes est de créer (ou recréer) une expérience, au lieu de présenter un objet de contemplation statique. En 1860, l’Art Journal de Grande-Bretagne publie une critique élogieuse des vues stéréoscopiques de Notman, précisant qu’elles donnent « une idée presque parfaite de ce pays intéressant qui attire justement l’attention en Angleterre. » Renommée et présentation luxueuse ont certainement favoriser la vente des stéréogrammes à ses clients.

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