Une des œuvres les plus accomplies de la moderniste torontoise Kathleen Munn (1887-1974), ce tableau comprend cinq nus féminins stylisés, chacun dans une pose dynamique constituée de triangles colorés. Le choix de reprendre un sujet classique rendu célèbres par des maîtres européens, comme Edgar Degas (1834-1917) et Henri Matisse (1869-1954), démontre avec quelle confiance Munn situe ses ambitions artistiques au sein du mouvement d’art moderne international.

 

Kathleen Munn, La danse, v.1923

Kathleen Munn, The Dance (La danse), v.1923

Huile sur toile, 61 x 76,2 cm, collection privée

L’œuvre atteste l’influence du synchromisme, un mouvement de l’art abstrait axé sur l’emploie de la couleur et l’importance du corps humain qui domine le travail de Munn au cours des années 1910 et 1920. Elle note dans son carnet que « la beauté usée est la beauté des simples apparences. La nouvelle beauté est la beauté des principes. Non plus l’aspect du monde, mais l’ordre du monde. » Munn raffine, dès le début des années 1920, ses expérimentations chromatiques pour parvenir à un rythme et une composition proches de la musicalité, un attribut très recherché par les praticiens de l’abstraction. 

 

En 1923, Munn présente La danse à l’exposition annuelle de l’Académie royale des arts du Canada. La peinture tranche fortement sur les autres : le critique du Mail and Empire la qualifie d’« unique » et de « peinture futuriste avec un accent cubiste », mais elle n’est pas pleinement comprise à l’époque. Selon le critique Newton MacTavish, « Mademoiselle Munn devrait être sur place pour expliquer ses théories de l’art, car elle en a sûrement. »

 

Cette rubrique en vedette est extraite de Kathleen Munn : sa vie et son œuvre par Georgiana Uhlyarik.

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